Signe ostentatoire de vieillesse



Le lundi, c’est pourri. Certains sont pires que d’autres. Lundi dernier, par exemple, c’était pourri version +++.
Je vous raconte…

COUP DU SORT?
Cela fait quelques semaines que je fais l’autruche, mais au fond de moi je le sais.
Je le sais et je le vois. Je le vois quand je me contorsionne pour rentrer dans mon jean le matin. Je le vois quand je fais la grimace en enfilant mon maillot de bain. Je le vois quand je passe en sous vêtement devant la glace et que je fais comme si ce reflet n’était pas le mien. Je balaie le truc d’un revers de main, mais n’empêche que tout ça, je le vois bien.

Pour ma défense, ces derniers mois n’ont pas été avares en occasion de bouloter ! Il y a eu les fêtes de fin d’année (et leurs 8000 calories quotidiennes) le marathon de la galette (nous en avons mangé treize en moins de quinze jours : j’ai une réputation à tenir) et enfin la chandeleur (que nous fêtons peu ou prou, toutes les semaines et qu’à chaque fois, un pot de nutella de 850g y passe).

COUP DE CONSCIENCE
Bref, avant que les bugnes ne rappliquent, je me dis qu’il serait judicieux de faire un petit état des lieux. Voilà comment, lundi dernier, dans un élan suicidaire, je descends me peser.
Je me déshabille (j’enlève tout, jusqu’à l’élastique qui retient mes cheveux), je monte sur la balance, pas bien confiante certes, mais, étonnamment, quand je découvre le chiffre qui s’affiche, je ne vrille pas totalement. Comme je suis naïve mais pas complètement stupide, je redescends et me rends compte que l’aiguille n’est pas vraiment sur 0 … mais plutôt sur « -2 ».
Je me baisse, la remets en place, et en me relevant, je sens comme un truc qui se met à clocher au niveau du dos. À mon habitude, je choisis d’ignorer la chose (« C’est rien qu’un mini faux mouvement, ça va passer dans deux secondes »), je remonte sur la balance et je comprends vite que 1/ ce qui s’affichait tout à l’heure +2kg, ça fait vriller et 2/que je suis coincée du dos au point de ne plus pouvoir bouger.

Je mets 3 plombes à me rhabiller, je remonte et me rends à l’évidence : ça ne va pas partir tout seul. J’ai mal quand je suis assise, j’ai mal quand je suis debout, j’ai mal en montant des marches, j’ai mal tout le temps. Il va sans dire que veux pas prendre le risque de me coucher : de toute évidence, j’aurais toujours mal, et je ne suis même pas certaine de réussir à me relever toute seule.
Nous sommes lundi, il est 7h30 et c’est déjà la merde.

COUP DUR
Aux grands maux, les grands remèdes, je prends le premier rdv chez l’ostéo qui se présente. La chance veut qu’il y ait une dispo à 14h à 350m de chez moi. De toute façon, il ne fallait pas plus loin : j’ai mis 15 minutes à les parcourir et j’ai cru que je n’y arriverai jamais. J’entre dans le cabinet pleine d’espoir : « Vous croyez que je pourrai aller nager demain ? »), j’en sors 50 minutes plus tard avec la certitude que non.
La petite ostéo aura essayé mais elle n’aura pas fait de miracle.

Le lendemain, à défaut d’aller nager, je mets 10 minutes à essayer de m’asseoir sur le lit, 10 de plus à enfiler une chaussette, je dois me tenir au mur pour me lever, je marche en trainant des pieds et fais des pas de 3cm … bienvenue dans ma vie de nonagénaire !

COUP FINAL
Aux grand maux les grands remèdes bis, je m’en remets à ma généraliste, qui me colle sous Daflagan codéiné. Au début, je tords un peu le nez (j’aime déjà moyen prendre du doliprane 1000) mais comme je me tords aussi de douleur, finalement, je prends. « Deux au coucher » écrit-elle sur l’ordonnance. Je m’exécute en redoutant quand même de devenir Docteur House… 10 minutes après, j’ai l’impression d’être complètement stone, j’ai la gerbe mais je suis tellement en vrac que j’en oublie le mal de dos (Devine qu’ils aient créé les ordonnances sécurisées !). Je finis par m’endormir et je fais ma nuit d’un trait (chose qui n’avait pas dû m’arriver depuis 1990).

Une semaine après, je suis de nouveau sur pied. J’ai nagé 3700 m avant-hier (j’en profite pour faire une digression et passer un message : restez bien tous au ski ! Pelez-vous les miches sur les tire-fesses, faites la queue pour récupérer votre forfait à 80 balles, dévalez des pistes qui ressemblent à l’autoroute du soleil en plein chassé-croisé. Faites-vous plaisir dans vos appartements de 30m2 qui sentent la chaussette mouillée : pendant ce temps-là, moi j’ai l’impression d’avoir gagné au loto en nageant seule dans ma ligne d’eau).
Je ne suis pas loin de renfiler mes baskets pour tenter un petit footing et maintenant, j’ai la joie de posséder ma propre ceinture lombaires, à porter en cas de douleurs ou de longs trajets en voiture !

CONCLUSION
Je vous laisse choisir la moralité de l’histoire :
– Souris : si tu vieillis, c’est que t’es en vie !
– La balance digitale : un investissement réfléchi.
– Remballe tes bugnes, merci !
– Le ski, c’est comme le lundi, c’est pourri.

ILLUSTRATION P. BAGIEU
Claudine

Dem facerum ipit lacil ius millict orerum aspitas conet excerspient odi quae exceperibus moles dicipiciam aut hitat !

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