LE BOUT DU TUNNEL
La dernière fois, la maman de mon amoureux (« Mamie Dagneux » pour les intimes) me dit : « Ça fait longtemps que tu n’as pas écrit de petite nouvelle. C’est dommage, moi j’aime bien lire tes coups de gueule. ». Si vous saviez Mamie : j’en rêve de les pousser de nouveau mes coups de gueule… mais, depuis Noël, c’est le tunnel. Je ne touche pas terre. C’est affreux. Mais il semblerait enfin, que ça se calme et que j’aperçoive la lumière au bout du tunnel !
Tout commence là…
Mon amoureux et moi avons candidaté à un projet lancé mi-décembre dernier pour lequel les réponses étaient attendues… mi-décembre dernier. Autant vous dire qu’on s’est déjà un peu mis la rate pour y arriver. En le déposant, on s’est dit, qu’on gagne ou qu’on perde, ça allait être bien, mais un peu la merde aussi. Dans la première hypothèse, ça allait être canon, car nous avions perdu ce projet l’an dernier et que nous voulions notre revanche. Ceci étant, ça allait grave nous mettre dedans, car nous n’avions que quelques semaines pour mettre l’événement sur pied. Perdre, c’était l’option pratique pour être plus tranquille et passer les fêtes sans se faire trop de nœuds au cerveau. Enfin, c’est ce qu’on se disait pour se rassurer surtout (parce qu’on n’aime pas bien perdre évidemment et que faire une partie du chiffre de 2025 en quelques semaines au début de l’année, c’est toujours bon à prendre).
Le fait est que nous avons gagné. D’ailleurs, au moment où j’écris cet article, je suis dans le train pour Lille, justement en vue de participer à cet événement.
Mais voilà, entre l’annonce de la victoire et aujourd’hui, ça a été comme un long tunnel tout noir. Vous trouverez ci-après tout ce dont je me souviens vraiment.
Morning routine, natation et linge sale
D’abord, avec ce projet, j’ai gagné une nouvelle morning routine, à savoir m’enlever à la pince à épiler, la dizaine de cheveux blancs hirsutes qui poussent allègrement au-dessus de mon crâne et que je me délecte de découvrir chaque matin. Notons que l’exercice n’est pas facile : au-delà du fait qu’il me donne vraiment l’air con, il nécessite une certaine maitrise : pour le moment, je chope plus de cheveux bruns que de blancs.
Ensuite, je me souviens avoir beaucoup nagé pour décompresser : 93,600 km au compteur du 25/12 au 25/02. Heureusement que j’avais pris la résolution de me lâcher un peu la grappe cette année… (On y croit, on y travaille… mais on n’y est pas encore !).
Dans un autre registre, je me souviens avoir pété des câbles mémorables pour ce fichu bac à linge sale qui ne désemplit JAMAIS et qui a le don de me rendre hystérique (que celui ou celle qui voudrait me suggérer d’investir dans un bac plus grand se taise à jamais). Nan mais sans blague : il n’y a que chez nous que c’est un sujet le linge sale ? Tu pars le lundi matin, dépitée d’avoir passé ton week-end à trier, laver, étendre, plier mais malgré tout heureuse d’être enfin arrivée à bout de ce satané bac, et quand tu rentres le soir, bim il est de nouveau plein ! Normal tu me diras : tu saoules tellement les enfants pour qu’ils rangent leur chambre avant la venue de la femme de ménage le mardi matin, que le lundi soir, ils te balancent tout ce qui traine dans ce fameux bac… même ce que tu as plié et posé dans les chambres deux jours avant, mais qui faute de rangement dans le placard, a fini par terre, écrabouillé, souillé… Retour à la case départ.
Des fois, j’ai envie de crever.
Ouf que la vie est bien faite.
Nous sommes maintenant aux vacances de février.
Autant vous dire que je suis bien heureuse que notre famille ne soit pas à fond ski. Imaginez-moi dans mon 30 m2 avec une plaque électrique en guise de cuisine et même pas un nombre suffisant de cuillères pour espérer en prendre une pour fatiguer la salade sans l’enlever de la bouche de quelqu’un. Imaginez-moi dans la file d’attente pour les forfaits et m’entendre dire, après une heure d’impatience : « C’est 85 euros la demi-journée pour les moins de 12 ans, Madame ». Puis à l’ESF : « C’est toujours 85 euros les 2 heures de cours collectif … sans les forfaits, il va de soi, Madame ».
Imaginez-moi dans la boutique du loueur de matos qui sent aussi mauvais qu’elle est bondée et qui me voit arriver à 15 000 moi, la provinciale qui ne skie en qu’en chasse neige et va se voir refiler la plus belle collection printemps-été 1998. Imaginez-moi avec mon casque POKEMON sur la tronche « parce qu’à cette période, il n’y a plus que ça, Madame ».
Imaginez-moi au pied des remonte-cul qui ressemblent peu ou prou au péage de Roussillon un 15 août.
Imaginez-moi au self du bord de piste où 800 familles en chaussures de ski immondes sont heureuses de se retrouver pour bouffer une tartiflette dégueulasse sur une bleue sans neige.
Imaginez-moi au SPAR où après 3 heures d’attente en caisse, je paie 4 euros mon pauvre paquet de pâtes pouce levé-premier prix.
Alors évidemment, il y a des versions du ski plus luxe (une copine qui travaille au Club Med me disait l’autre jour, à quel point c’était l’option confort d’aller là-bas… option à 15 000 euros la semaine soit dit en passant… mais même ça, ça ne m’a pas fait rêver !).
Moi, mes vacances de février, vont se résumer à 4 jours à Lille, pour le boulot MAIS avec mon amoureux, et SURTOUT : sans enfant, sans vaisselle, sans bouffe à préparer, sans linge à laver, sans légumes à faire avaler, sans Switch à confisquer…ça j’avoue, ça me fait rêver. Je suis sûre de rentrer plus reposée qu’après une semaine dans les Alpes.
Le 2e effet kiss-kool sera surement le moment où je pousserai la porte de la maison, après l’avoir laissée ces 4 même jours… aux mains de nos ados !
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