A toi de jouer …

A toi de jouer …


Dans 42 jours, nous serons le 7 juillet. Le jour qui sonne la fin de l’école pour les enfants, la fin de la récré pour les parents, la fin du monde aussi, quand tu sais que c’est maintenant qu’il faut trouver une solution pour faire garder ta progéniture pendant les (excusez du peu) 8 semaines de vacances. Le temps est compté. Le chrono est lancé. Seuls ceux qui font face à ce problème récurrent peuvent comprendre l’état de stress dans lequel cette perspective me met…

 

La folie
Depuis quelques années, nous optons pour Divertisport, un principe de centre aéré ouvert tout l’été, proposé par la Ville de Lyon pour les 6 -17 ans. Seuls Ilette et Babin peuvent y prétendre compte tenu de leur âge et du fait qu’ils sont scolarisés dans l’un des 9 arrondissements de notre Ville. J’admets volontiers que l’affiche version 1990 mettant en scène Olive et Tom et la baseline improbable peuvent semer le doute, mais pour de vrai, Divertisport c’est top : les gosses s’adonnent à tout un tas d’activités (sportives, il va de soi) et sont pris en charge tous les jours de la semaine sur des horaires pas forcément très arrangeants (mais grosso modo, comme c’est ça ou rien, tu t’arranges pour y trouver parfait !). Ils peuvent même te préparer le pique-nique si tu veux ! Sur le papier, c’est parfaitement parfait. Mais la perfection, ça s’arrache comme des petits pains. Pour preuve : jeudi 17 mai, 13H : ouverture des inscriptions// Jeudi 17 mai, 13H04 : fin des inscriptions. En 4 minutes, la capacité d’accueil est atteinte dans les 6 centres de la Ville. 4 minutes. 240 secondes. SOLD OUT. Circulez, y’a plus rien à avoir. Divertisport, c’est pire que vente privée à 7h du matin, pire que le Nutella à -70%, pire que le Black Friday, pire que tout ça réunit. Divertisport ça déchaine les foules. Ouf que tout se passe sur Internet… Autrement, je crois que les gens s’entretueraient pour avoir une place.

 

La foire d’empoigne
Aussi, sur le site règne le principe du « tu touches, tu prends ». Tu n’as matériellement pas le temps de te poser la question de quel centre sera le mieux pour tes gosses, lequel sera le plus pratique ou le plus sympa. Non, tu n’as vraiment pas le temps pour ce genre de considération. Quand tu as essayé de te connecter mille fois entre 12h58 et 13h et qu’enfin, tu réussis à forcer le passage, tu coches les premières cases qui te sont proposées. Sans réfléchir. Tu mets tout dans le panier et tu valides, vite, très vite, de peur que ta session n’expire ou que ta connexion internet merde avant que ton paiement n’ait été accepté. Ensuite seulement, tu regardes ce à quoi tu as eu droit. Et tu fais avec, quoi qu’il advienne. Nous cette année, pour la première semaine, on aura Babin dans le 9e et Ilette dans le 6e … Inutile de dire que ça va être follement pratique. Mais on est content ! Soulagé, épuisé, mais content. C’est pitoyable…

Le pire dans tout ça, c’est qu’entre le moment où tu te réjouis d’avoir trouvé une solution et celui où tu dois annoncer la nouvelle aux enfants, il te reste un laps de temps ultra restreint pour apprécier ta petite victoire ! Oui, parce que chez nous Divertisport, c’est la pire punition qu’il soit (après être privé de téléphone évidemment). C’est sûr que de passer la semaine à la piscine, à Walibi ou autre lac d’Aiguebelette c’est vraiment relou ! C’est tellement mieux de rouiller sur un canapé, hein ?! Bref. Immanquablement, annoncer que Divertisport les attend au tournant, c’est déclarer la guerre. C’est aller au devant de semaines de négociation. C’est se préparer à affronter les pugilats, les rebellions et soupes à la grimaces en tout genre. C’est le 2e effet Kiss Cool. Celui qui va s’étaler du mois de mai à la dernière semaine de juillet. Même si à l’issue de la première journée, Babin comme Ilette rentreront en te disant que « C’était trop bien parce que… », tu sais que le lendemain, ils vont y aller en trainant des pieds et que tu n’es pas prête de ranger tes rames.

 

La peste ou le choléra
La route s’annonce donc longue et le combat n’est pas terminé. Il reste le petit dernier à caser. Jusque là, Méo était pris en charge par sa nounou ou par la crèche. C’était un souci de moins. Cette année, changement de donne. Plus de nounou historique, plus le droit à la crèche et pas le droit à Divertisport. Autrement dit : c’est la merde ! Et il n’existe pas 1 000 solutions pour t’en sortir. En fait, il en existe 4 : soit tu prends 8 semaines de congés (et tu mets quelque peu en péril ton activité), soit tu le refiles en douce à tes parents (et tu mets en péril les bons rapports que tu entretiens avec eux), soit tu réussis à décrocher une place dans le centre aéré de la Ville (et tu es clairement optimiste car on annonce 48 places pour 300 demandes), soit tu cherches une autre nounou disponible tout l’été ou presque (et tu te ruines gentiment puisque les aides sont réduites à peau de chagrin lorsque ton enfant atteint les 3 ans et qu’il faut quand même le faire garder près de 300 heures sur la période).

En d’autres termes, il ne te reste plus que tes yeux pour pleurer et tes manches à retrousser pour jouer des coudes le jour des inscriptions du centre aéré. La dame qui s’en charge t’a d’ailleurs déjà prévenue : «  L’an dernier, les inscriptions étaient ouvertes à partir de 9H30 mais les gens patientaient depuis 5h30 du matin quand je suis arrivée. Alors, cette année, on a choisi d’avancer d’une heure l’ouverture pour vous faire moins attendre … ». Ah. Le 9 juin, l’histoire nous dira si lesdits gens auront eux aussi eu la bonne idée de se pointer une heure plus tôt. J’ai vraiment hâte d’y être pour le savoir !

 

 

Illustration By Pénélope Bagieu 

Claudine

Dem facerum ipit lacil ius millict orerum aspitas conet excerspient odi quae exceperibus moles dicipiciam aut hitat !

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