Coming Out


Ça me trotte dans la tête depuis longtemps. J’avais 18 ans quand ça a commencé. Il m’en a fallu 18 de plus pour que cela devienne une évidence. J’aurais pu m’y mettre plus tôt, c’est certain. Les occasions n’ont pas manqué pendant tout ce temps. Quand j’étais enceinte, par exemple. À cette époque, mon amoureux me disait « Tu crois pas que ce serait le moment idéal pour le faire » ? C’est vrai que ça l’était. Je ne travaillais plus. J’avais le temps. J’avais du temps. Mais ces choses-là ne se commandent pas. Alors, j’ai profité de mon congé maternité autrement avec cette petite musique de fond qui résonnait toujours dans ma tête. Bébé est arrivé. J’ai retravaillé et la vie s’est très vite écoulée. La petite musique a continué de tourner en boucle, mais plus doucement. Jusqu’à ce 1er décembre 2018, où elle s’est transformée en une assourdissante symphonie.

ACTE 1 : BALANCE TON RÊVE
Ce jour là, contrairement aux autres, je ne vais pas à l’agence. Je n’en suis pas encore certaine, mais je crois que ça y est, c’est le grand jour. Pour tromper mon impatience, je vaque à diverses occupations. J’emmène mon fils à l’école, je remonte à la maison tranquillement, je prends un café. Puis je range la maison, je descends faire tourner une lessive et plier le linge d’une autre encore étendue. Et c’est là, devant ma pile de vêtements que ça arrive. Enfin. Alors, je remonte dans le salon et j’allume mon ordinateur. Puis, je tape les premiers mots de ce qui va devenir le centre des toutes mes attentions ces 24 prochains mois.


ACTE 2 : FAIS-TOI MAL
Dit comme ça, ça fait un peu théâtral. Pourtant, c’est bien ainsi que cela s’est produit. La suite sera moins romancée. J’écris, j’écris, j’écris. Dans le fond, l’histoire s’impose d’elle-même, naturellement. Tout est fluide. Dans la forme, rien ne l’est vraiment en revanche. Je reprends, j’efface, je corrige, je fais Pomme C, Pomme V, Pomme Z… Je relis mes textes au fil de l’eau. Je trouve ça plutôt pas mal avant de profondément détester. Je suis à bout de nerfs, de souffle, de tout. Je me ressaisis et rattrape mon enthousiasme parti loin,loin derrière moi. Je retrouve mon enthousiasme avant de bloquer de nouveau sur une tournure, un temps ou une date. Retour au fond du trou.
Je passe par tous les états, toutes les couleurs. Je doute comme jamais. J’en chiale. J’ai envie de tout arrêter. Mais comme je n’ai que ça en tête, je continue.


ACTE 3 : FONCE, OUBLIE QUE T’AS AUCUNE CHANCE
Six mois plus tard, le 25 mai 2019 pour être précise, je tape le premier point final de mon « roman ». Un bien grand mot pour ces pages qui ne sont rien. Albin Michel, Grasset, Actes Sud, je vise haut. Quitte à se faire refouler, autant que ce soit par les plus grands. Sans surprise, je me fais refoulée. De partout. Je reçois des lettres toutes faites qui disent toutes la même chose : Merci mais non merci. Chaque jour, un manuscrit me revient dans la boîte. Je ne perds pas espoir jusqu’au jour où je lis le retour assassin d’une maison d’édition réputée pour son franc-parler : « cette habitude à donner des détails couplée avec une écriture trop commune fait de ce manuscrit un mélodrame sans originalité, un texte qui manque de rigueur et d’originalité ».
Après avoir lu ça, deux options s’offrent à toi. Soit tu te suicides au doliprane, soit tu te terre dans un trou de souris et tu accuses le coup sans broncher.



ACTE 4 : TOMBE 7 FOIS, RELÈVE-TOI 8
Dans mon malheur, ce courrier arrive en plein été. Le soleil et le rosé, ça m’aide à digérer. Cela se serait produit en plein mois de novembre, je ne dis pas … J’aurais peut-être bien dévalisé la pharmacie. Là, je bois, je bulle, je bronze, j’essaie d’oublier et de reprendre un peu confiance en moi (pas évident cet exercice…)
En septembre, je décide d’en découdre avec ce roman et je repars au front. Je reprends chaque mot, chaque phrase. J’approfondis l’histoire, j’étoffe les personnages. Je travaille sans relâche jusqu’au 13 juillet 2020 où je tape le deuxième point final de ce roman. Albin Michel, Grasset, Actes Sud, rebelote. Je sollicite des plus petits aussi, mais très vite, j’essuie les mêmes refus. Heureusement, cette fois-ci je n’ai pas de lettre assassine (seulement parce que la maison d’édition experte en la matière ne perd pas son temps : « Vous avez beau avoir tout repris, chez nous, on n’a qu’une chance de faire bonne impression et vous l’avez ratée ».
Allez Salut !

ACTE 5 : PROVOQUE TA CHANCE (ENCORE)
Je ne sais pas si j’ai un égo microscopique, si je suis complétement maso ou trop pugnace pour m’accrocher à ce roman comme une moule à son rocher, mais je ne laisse toujours pas tomber. J’y retourne. Encore. J’ignore pourquoi mais j’ai l’impression qu’il y a un truc à faire et que l’histoire n’est pas terminée. Ne dit-on pas : Jamais deux sans trois ?
C’est pourquoi, dans quelques jours, je déposerai « Ne t’inquiète pas Colette » sur les plateformes en ligne qui donnent une chance aux écrivains en herbe, comme moi, de se confronter aux avis de lecteurs issus de France et de Navarre. Ainsi, après le traditionnel et infranchissable chemin des maisons d’édition classiques, j’emprunte un itinéraire bis. Je mentirais en disant que cela m’est égal et que je n’ai pas un sentiment d’échec ou la désagréable sensation de revoir mes ambitions à la baisse. Seulement voilà, il faut se rendre à l’évidence : tout le monde n’est pas Lionel Messi et ne peut pas le devenir. Pour autant, les autres footballers du monde entier doivent-ils mettre fin à leur passion ?
L’essentiel reste encore le plaisir d’écrire et celui d’être lue.
Voilà pourquoi je fais ce choix.


ACTE 6 : AU REVOIR ET MERCI
Certains d’entre vous ont lu la première version, la deuxième, la troisième même ou seulement quelques extraits de l’une d’elles. Tous ceux-là savent à quel point ce projet me tient à cœur et combien je me serais battue pour aller au bout. Quelle que soit l’issue de cette épopée, merci à eux de m’avoir soutenue, remonté le moral, boostée, écoutée, supportée au propre comme au figuré. Merci aussi à tous les autres qui liront la dernière version.

( J’ai la trouille, vous ne savez pas comment ! Allez, on respire… Ne t’inquiète pas Claudine, tout va bien se passer…)

Claudine

Dem facerum ipit lacil ius millict orerum aspitas conet excerspient odi quae exceperibus moles dicipiciam aut hitat !

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Coups de cœur, coups de gueule, coups de chapeau, coups de mou, coups durs, coups de pouce … Ici, je parle de tout et de rien. De ce ce que j’aime, de ce que j’exècre, de ce qui me touche. De ma famille, de mon boulot, de mes états d’âme. Des livres que j’ai lus, de ceux que je ne lirai pas. Des voyages que je ferai, de ceux dont je rêverai. Et de tout le reste! Ici, c’est un joyeux bordel. Pas de ligne éditoriale. Pas de consigne. Seuls comptent le plaisir et la liberté d’écrire.

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