Filles à boniments

Filles à boniments


Par un froid matin d’hiver, l’une de mes amies m’envoie innocemment la photo de deux instagrameuses gaulées et sexy à souhait. L’une, blonde, pose devant le frigo ouvert et boit négligemment un jus d’orange à même la bouteille. L’autre, brune, est à côté d’elle, de dos et ouvre ce qui ressemble à une petite salade de fruits frais. Pour s’adonner à cette fantastique activité et immortaliser cet instant exceptionnel, les deux jeunes femmes ne portent rien d’autre qu’un mini string assorti d’une espèce de brassière, le tout laissant largement deviner des fesses bombées-bronzées et des ventres ultra-plats.
Non contente de me faire découvrir cette photo à 7 h du mat, alors que je ressemble à Céleste Barber au réveil, mon « amie » croit bon d’ajouter ce commentaire : « on dirait toi et moi non ? »
Euh… Elle me lance un défi ou je rêve ?

 

DIFFÉRENCE DE RÉALITÉ
Ma pote est persuadée qu’en se mettant un bon coup de pied aux fesses, il est possible d’atteindre ce niveau de « gaulitude ». Elle s’auto convainc d’atteindre ces sommets d’ici son départ en vacances dans les îles, quelques semaines plus tard : LOL.
Je lui ris au nez. Elle ne démord pas. Moi non plus. Je suis persuadée que ces filles sont des mirages, des impostures. Faut pas me faire croire, que passés 20 ans, tu peux être tankée comme elles, même en faisant du sport à foison ! C’est IM-POS-SIBLE. Ou alors, il faut s’affamer en plus du reste. Et ça, c’est encore pire que le sport à foison.

 

CHALLENGE ACCEPTED
Qu’à cela ne tienne, je vais me bouger pour valider mon hypothèse et prouver à ma copine qu’elle se met le doigt dans l’œil bien profond, si, du haut de sa presque quarantaine, elle pense pouvoir lutter contre ces deux instagrameuses. Me voilà donc partie dans un périple de 4 mois de sport. 4 mois « intensifs », ou presque, parce que, contrairement aux deux plantes précédemment citées, je suis mère de famille et j’ai un job. En d’autres termes, j’ai d’autres occupations dans la vie que celle de suer sang et eau toute la sainte journée dans une salle de fitness accompagnée d’un coach moulé dans son short fluo. Pour trouver le temps de faire du sport, je n’ai pas mille solutions. Je suis obligée de me lever à l’aube toute la semaine. Alors, pendant 4 mois, pour atteindre mon objectif, et confirmer que ces nanas sont des bonimenteuses, je me lève à l’aube. Je me lève à l’aube pour sauter à la corde dans un jardin plein de gel. Je me lève à l’aube pour profiter de la matinale de la piscine de Brignais qui ouvre à 7h le mardi. Je me lève à l’aube pour aller courir sur le bitume froid. Parfois, après cela, je descends à pied à l’agence. Je passe alors 8 km à slalomer entre les voitures puis entre les trottinettes électriques une fois les berges atteintes : un bonheur à l’état pur. De temps en temps, je pousse même le vice jusqu’à poser mes fesses sur un vélo : je DÉTESTE le vélo.
Bref, j’essaie d’aller au bout de mon expérience : je me dépense, je me démène, je m’épuise.

 

QUAND LE RÊVE D’AVOIR LE CORPS DE GISÈLE BÜNDCHEN S’ÉLOIGNE À TOUT JAMAIS !
2 février/ 2 juin : l’heure du bilan arrive enfin. Je reprends mes petites notes, je rentre les données dans mon tableur Excel. Les chiffres ne font pas rire : 75 heures d’exercice, 26 passées à sauter à la corde, 330 km répartis : 78 km de brasse coulée, 46 kilomètres de vélo (oui, ça, c’est peu, mais bon …), 50 bornes à pieds et 164 supplémentaires parcourues en courant.

Mais dans les faits, tout ça pour quoi ? Alors, je ne dirais pas « pour rien » mais franchement, ça me brûle les lèvres ! L’aiguille de la balance n’a pas bougé… (ou pas dans le bon sens en tout cas). Je ne rentre toujours pas dans le jean « petit cul » que je conservais pourtant comme une relique, je n’ai pas perdu une taille de pantalon, j’ai le bourrelet des hanches toujours tenace et les capitons de mes cuisseaux n’ont pas cru bon de disparaître à jamais ! Seule petite victoire s’il en est : mon bidon se sera légèrement raffermi. Mais comme j’ai la peau du ventre aussi ferme que du chewing-gum mâchouillé, on ne peut pas non plus crier à l’exploit.

Moralité : Soyez en sûrs, si d’aventure vous trouviez sur Instagram une photo de moi qui pose devant un frigo, d’une part ce n’en serait pas une où je serais en string, et, croyez bien que le seul truc que vous me verriez boire à même la bouteille serait un rosé « bien glace ». Allez… Santé !

 

Illustration P. Bagieu <3

Claudine

Dem facerum ipit lacil ius millict orerum aspitas conet excerspient odi quae exceperibus moles dicipiciam aut hitat !

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