Five years old

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La question du jour est : préférer bosser plutôt que de me farcir la fête d’anniversaire de mon Rat fait-il de moi une mauvaise mère ? Vous avez deux heures…

Cette question n’en est pas vraiment une : je me la suis farcie la birthday party de mon moufflet. Je me la suis tapée l’aprem en compagnie de ses 5 potes de 5 ans. Mais oui, je crois que j’aurais préféré bosser. C’était hier. C’était horrible. Je ne suis pas taillée pour ce genre de fiesta. J’ai l’âme trop militaire pour accepter qu’ils se foutent sur la tronche, n’écoutent pas un mot de ce que tu racontes et partent en vrille toutes les 5 minutes. Dire que je suis soulagée de ne plus avoir à vivre cette expérience pendant les 364 prochains jours est énorme euphémisme. Pourtant, j’avais pris sur moi et j’avais voulu faire les choses bien…

 

VOULOIR BIEN FAIRE
Comme toutes les mamans de l’école, je me suis dit qu’il fallait trouver une activité sympa qui plairait aux gamins et qui, accessoirement saurait les canaliser en cas de besoin. Malheureusement, cette année, les prévisions météo ne voulaient pas être de mon côté. Du coup, aux oubliettes l’idée de la partie de pétanque ou du tournoi de Molky. Dommage. Les activités en extérieur, c’est plutôt pratique et ça évite que ta maison ressemble à un champ de bataille à la fin de la journée.

Initialement, je ne voulais pas trop me mettre la pression ni la rate au court-bouillon. Je n’avais pas besoin de grand-chose. Juste d’un petit passe temps de 30 minutes. Ça + le goûter + la demi-heure de défoulage obligatoire + celle pendant laquelle les mamans arrivent, boivent un café et repartent, ça devait faire le compte et régler mon affaire.

Le problème, c’est que j’avais zéro idée que je ne pouvais compter ni sur mon âme artistique ni sur ma fibre pour le bricolage. Comme je ne pouvais décemment pas faire rentrer les petits copains de mon fils avec un collier de pâtes ou des jumelles fabriquées en rouleaux de papier toilette, il a bien fallu que je me creuse un peu les méninges. J’ai donc écumé les sites de mamans parfaites et ceux des animateurs de colo pour trouver de quoi occuper la marmaille. J’ai fini par trouver l’idée du siècle : la boule à neige !

Une fois que t’as l’idée, il te faut les accessoires. Sur le papier, ça semble easy : des pots de verre, des petites figurines, de l’eau, de la colle, de la glycérine et des paillettes. Sauf que :

  • chez nous plus personne ne mange de petits pots,
  • les figurines qui traînent dans les jouets des enfants sont souvent trop grosses ou trop petites ou trop aimées par tes gamins pour les enfermer dans un bocal et les offrir de surcroit,
  • la seule personne que tu aies déjà vue avec de la glycérine dans son placard à pharmacie était feue ta grand-mère.

À partir de là, j’aurais dû me dire que mon affaire sentait déjà la patate et me replier illico sur le colorage de mandalas.

 

VOULOIR SE PENDRE
Au lieu de ça, la veille du jour J, j’ai couru à la Part-Dieu en quête de paillettes (5 magasins retournés pour ne trouver qu’une misérables petite boite… à croire que Kevin avait acheté toutes les paillettes de la ville pour les mettre dans la vie de sa nana), de 6 petits pots (ce qui m’a permis de proposer un thème « dessert régressif » aux enfants au dîner. « EUH… Ça veut dire quoi régressif ??? »), de la glycérine (10 minutes d’attente à la pharmacie pour en choper un bocal, merci).

Mais tout ça n’est rien à côté de la quête de figurines. Avant mon excursion au centre commercial, j’avais tenté de trouver mon bonheur sur le bon coin. J’étais sûre de mon coup. Erreur. Personne ne vend des figurines à mettre dans des petits pots de bébé pour en faire des boules à neige, sachez-le.

Alors je suis allée à Carrefour, à la Grande récré, chez Oxybul, Nature et Découvertes et dans tous les magasins susceptibles de vendre ce dont j’avais besoin. De guerre lasse, j’ai failli craquer pour des Playmobil à 4 balles l’unité mais le gentil monsieur m’a regardé avec de grands yeux désespérés : « Jamais un Playmo ne rentrera dans le type de petit pot que vous venez d’acheter madame …. » J’ai eu une larme sous chaque œil avant d’avoir une étincelle : LEGO LAND. Si je ne trouvais pas là-bas, j’abandonnais et les gosses se taperaient le collier de pâtes.

Retour au RDC du centre commercial. Bienvenue dans le monde merveilleux de Légo. Ici, tout est tellement tout jaune que t’as la gerbe en moins de deux minutes. Mais j’ai pris sur moi car bingo : à l’entrée, il y avait un grand bac avec mille têtes de Légo, autant de bustes, de jambes, et d’accessoires pour créer tes personnages.

Au bout d’un quart d’heure à brasser des micro pièces, j’étais rouge fluo et je fulminais tout ce que je savais. J’avais mes 6 têtes mais je ne parvenais pas à trouver les jambes du pirate, ni le casque du cosmonaute, et mon cow-boy avait une pizza dans les mains à défaut d’un lasso. Mon Mexicain ressemblait à un taulard, ma princesse à une Geisha, mon policier à une rock star. C’était la débandade. Voyant le désastre, un vendeur m’est venu en aide. Il a tout cassé mes personnages et il a tout repris. Patiemment. Il était tout content de pouvoir fouiller dans les bacs pour trouver la pièce parfaite. Là, je me suis dit qu’on avait quand même pas tous les mêmes métiers. Ceci étant il m’a bien dépatouillée, et, deux heures après être rentrée dans ce maudit centre commercial, je pouvais en ressortir avec mon kit créatif complet. Joie intense.

 

VOULOIR QUE ÇA PASSE VITE
Tout ces péripéties pour que le jour J, le temps se mette finalement au pas trop moche et que les jeux d’extérieurs soient envisageables. J’ai fini par taxer les boites de lait en poudre d’une maman pour une session de chamboule-tout. J’ai quand même tenu à faire ces fichues boules à neige. Force est de constater qu’elles ont fait fureur auprès des gosses et qu’elles auront eu le mérite de les canaliser 15 minutes (soit la moitié du temps que j’espérais mais bref). Petit hic ce matin : les paillettes étaient toutes collées les unes aux autres et le tout ne ressemblait absolument plus à une boule à neige. J’aurais peut être dû tenter le collier de pâtes.

 

 

illustration : Pénéloppe Bagieu <3

Claudine

Dem facerum ipit lacil ius millict orerum aspitas conet excerspient odi quae exceperibus moles dicipiciam aut hitat !

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