Kermesse Day

Kermesse Day


De mon temps, on appelait ça la fête de l’école. Ça commençait le samedi matin et ça durait jusqu’à plus soif. Ça pourrissait le week-end de nos parents mais, comme on était du bon côté de la barrière, on s’en fichait pas mal. Pour l’occasion, on montait sur scène et on se donnait en spectacle devant une foule d’adultes prêts à se foutre de notre tonche. On tentait vainement de faire impression avec nos habits de lumière et nos choré approximatives, mais au final, on ne dupait personne. On s’empiffrait de gâteau au chocolat que les parents devaient non seulement faire mais nous payer ensuite. Parents qui comble de tout, se devaient de tenir toute la journée, en plein soleil et par 30°, un pauvre stand de chamboule tout ou de planche savonnée.
Des décennies plus tard, rien n’a changé ou presque. À la différence près que, maintenant on appelle ça des kermesses, que ça se passe le vendredi aprèm, et que, cette année, la maman qui courait du château gonflable au stand de maquillage, devait acheter la part de quiche qu’elle venait de sortir du four et jouer les ébahies devant la danse des lutins, c’était moi. Inutile de préciser que c’était bien bien moins drôle !

 

D-DAY
Vendredi 22 juin. C’est le jour J ! Comme à notre habitude, mon amoureux et moi sommes arrivés dans la cour de récré à l’arrache, tout essoufflés. Tous les parents ou presque était déjà installés sur une chaise pliante, appareil photo en main, prêts à dégainer. Le spectacle allait commencer. Il était 17H30. Je me permets quand même cette parenthèse : Ils font comment les gens pour être à la kermesse un vendredi en plein après-midi tout sachant qu’en plus, ils ont du en plus préalablement passer chez eux pour récupérer les mets qui, quelques heures plus tard, serviront de diner au troupeau d’enfants affamés? Y’a personne qui bosse le jour des fêtes de l’école ou y’a personne qui bosse ? Parenthèse fermée. Nous nous sommes positionnés à l’arrière de la foule, debout évidemment, et avons regardé le spectacle de l’autre classe (par chance, Méo est dans une petite école de 2 classes, ce qui évite de se taper les performances des 780 gosses, de la petite section au CM2). Puis notre Rat est entré en scène pour la chorale.  Assis en tailleur, au premier rang, à côté de son meilleur copain Achille. On a fait comme tous les parents. On a souri comme des benêts. Tout était donc réuni pour que ça se passe bien. Dans les faits, ça ne s’est pas mal passé. Dans les faits, ça ne s’est pas passé du tout finalement. Mon amoureux dit toujours que la caractéristique des parents c’est de croire que leur enfant fait mieux ou moins bien que les autres, mais en tout cas toujours différemment. Le fait est que là, parent ou pas, il a bien fallu admettre que contrairement aux autres qui faisaient au moins semblant de chanter ou de s’intéresser un tant soit peu à ce qu’ils devaient faire, notre Rat, lui n’avait aucunement l’air de se sentir concerné par les événements. À part agiter la main pour faire coucou à tout le monde (sauf à nous), essayer de nouvelles grimaces ou jouer avec ses mains, il n’y a rien eu ! Pas une parole ni un son ne sera sorti de sa bouche. Rien de grave me direz-vous. J’en ai vite pris mon parti d’ailleurs. Le seul truc qui m’a un peu contrariée, c’est de me dire que voilà deux ans qu’il est inscrit à l’éveil musical, et que normalement, c’est le genre d’exercice qu’il aurait dû maitriser. Ceci étant, il s’en est beaucoup mieux sorti à faire la danse de saint Guy avec sa camarade de classe et son cerceau. De là à déduire que je perds mon temps et mon argent à le conduire chaque mercredi à l’académie de musique il n’y a qu’un pas …

 

POOR LONESOME COW-BOY
Une fois le spectacle terminé, la foule s’est dispersée et ruée vers les stands de jeux et le buffet. J’en profite pour signaler que j’avais lâchement ajouté le prénom de mon amoureux à la liste des volontaires pour tenir le Barbecue (ce qui m’avait valu une petite scène de ménage et quelques sueurs froides, je ne vous le cache pas). Ceci étant, de tous les stands, je trouvais que c’était vraiment le moins pire et surtout le laps de temps d’animation proposé était le plus court ! Tout avait donc été minutieusement étudié ! Mais quand il a vu les milliers de petites branches dans le gros bac en fer et la fumée dégagée quand le feu a pris, il a préféré passer 1H au château gonflable plutôt que de risquer sentir la merguez à vie. Il a d’ailleurs été satisfait de son choix et de cette expérience car sa voix grave et son regard noir ont semblé contenir la furie des gosses des autres quand ils n’ont plus aucun effet sur les nôtres.

 

GO, GO, GO !!!
Mais le meilleur a incontestablement été le moment où mon fils m’a demandé si on avait le droit de rentrer à la maison. Il était à peine 20H. La cour était encore noire de monde. Je crois qu’aucun enfant n’avait même pensé qu’il allait falloir un jour partir de cette fête que le mien me demandait de s’en aller ! Ni une, ni deux, je suis allée extirper son père du château gonflable, j’ai salué d’un geste rapide celles et ceux que je connaissais et nous nous sommes enfui vite, très vite, avant qu’il ne change d’avis. On est parti comme des voleurs. On n’a même pas assisté au tirage de la tombola. Si ça se trouve, nous sommes les heureux propriétaires d’un saucisson géant ou d’un lot de 6 assiettes en pure porcelaine d’Ikéa et nous ne le savons même pas. Il faut que je pense à aller vérifier ça sur le tableau d’affichage…

 

 

Illustration : Pénéloppe Bagieu, pour changer… 

Claudine

Dem facerum ipit lacil ius millict orerum aspitas conet excerspient odi quae exceperibus moles dicipiciam aut hitat !

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