La fac et moi …

La fac et moi …


Parfois la vie se moque un peu : moi qui n’ai jamais mis un pied à la fac, je vais me retrouver sous peu à Lyon 2, devant une vingtaine d’étudiants, en première année de droit à leur expliquer ce que l’université attend d’eux. Dans les fait, ce que l’on attend de moi, c’est surtout de leur faire comprendre que, maintenant qu’ils ont leur bac et qu’il ont fait le choix d’études longues et passablement ennuyeuses (ah non ! ça, on ne peut pas leur dire… ), il va falloir qu’ils apprennent à aligner deux mots sans faire quatre fautes à chacun. À en croire l’amie qui m’a mise sur le coup pour le job, cela ne sera pas forcément une mince affaire.

 

Mission acceptée

Sur le papier, ce boulot est fait pour moi. Je suis de celles qui exècrent les gens qui écrivent avec leurs pieds et massacrent allègrement notre jolie langue. Et puis, pour la petite histoire, je viens d’une lignée de profs (et de notaires… ça ne s’invente pas!). Ma grand-mère dispensait des cours d’Arts ménagers (ça ne s’invente pas non plus) dans le lycée dans lequel mon grand-père était proviseur. Ma maman était prof d’allemand au collège. Mon frère et moi avons lamentablement cassé la dynastie. Lui parce qu’il n’attendait qu’une chose de l’école : avoir 16 ans pour la quitter. Moi en revanche, plus jeune, j’aspirais à devenir prof d’anglais. Mais j’ai fini par comprendre que pour atteindre mon objectif il fallait en passer par la fac… ce qui n’était absolument pas envisageable. À 18 ans, je ne me sentais pas physiquement et mentalement conçue pour étudier dans ce que je considérais comme le temple de l’autonomie et du free style. Aussi ai-je dû révoquer ma vocation, m’en découvrir une autre (complètement au hasard de surcroît) et suivre des études supérieures qui m’éloignaient moins de mes repères douillets : une petite école, une classe de 30 boutonneux et 35 heures de cours hebdomadaires. Inutile donc de préciser, que ma nouvelle vocation ne me faisait pas plus suivre les traces de mon père ou de mon oncle, notaires de leur état. Car, au-delà du fait que les discussions dominicales autour de la nue propriété, des actes authentiques, des donations entre époux et autres successions, ne me soient jamais apparues comme follement passionnantes, il m’aurait encore fallu franchir les portes de l’université pour espérer accrocher un jour le panonceau doré sur une façade.

Tout ça pour dire que durant les 12 prochaines semaines, je vais renouer avec mes rêves d’enfant et enfin découvrir « le plus beau métier du monde ».

 

De l’autre coté de la barrière …

Mais voilà : c’est bien beau de vouloir donner des cours, mais encore faut-il les préparer. Et franchement, on en pensera ce qu’on en voudra, mais ce n’est pas inné ! Et encore, il ne s’agit pas de faire la leçon sur la photosynthèse. Il s’agit juste de transmettre de bons réflexes, de reprendre les bases de grammaire et d’expliquer le BA.BA de la conjugaison. Une dictée, une explication de texte, quelques exercices, deux trois trucs et astuces et en 1 h 45 la séance est pliée. Théoriquement, je pourrais même utiliser les fiches préparées par le responsable pédagogique. Mais ce serait de l’usurpation, du plagiat, un véritable déshonneur que de faire mien le travail d’autrui. Aussi, me suis-je mise au travail pour repenser le fond, la forme, ajouter ma patte et vérifier par deux fois chaque modification pour éviter de dire trop d’âneries. J’ai donc parcouru la toile à la recherche de la dictée parfaite (niveau 5e m’a-t-on demandé), du texte idéal à étudier qui ne soit ni trop engagé, ni trop pompeux ni trop Marie-Claire Maison et des exercices qui soient suffisamment pertinents pour mettre le point sur les lacunes des uns sans ennuyer affreusement les autres. Le but inavoué étant aussi de faire immédiatement une bonne première impression, d’éviter au maximum de me ridiculiser ou de passer pour la vieille rombière qui assomme avec ses cours de français et d’orthographe quand l’écriture automatique règne en maître et que tout le monde échange en fonétik. Formulé ainsi, je me demande si mon choix de dictée « Mon Royaume pour une sandale ! » est vraiment le plus judicieux!

 

En scène!

Il me reste quelques jours avant mon baptême du feu. Mine de rien, c’est stressant de se présenter pour la toute première fois devant un tableau blanc et une horde d’étudiants de la moitié de son âge. Prévoyante, j’ai déjà anticipé les quelques situations qui pourraient me faire sentir atrocement seule. J’essaie de trouver comment faire illusion et je m’entraine à conserver mon aplomb  Ceci étant, il y a fort à parier que le masque tombe vite et qu’ils me percent à jour quand ils verront mon regard hagard à la simple évocation de crédits ECTS, d’unités fondamentales, de CEVU ou autres UFR …

Claudine

Dem facerum ipit lacil ius millict orerum aspitas conet excerspient odi quae exceperibus moles dicipiciam aut hitat !

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Coups de cœur, coups de gueule, coups de chapeau, coups de mou, coups durs, coups de pouce … Ici, je parle de tout et de rien. De ce ce que j’aime, de ce que j’exècre, de ce qui me touche. De ma famille, de mon boulot, de mes états d’âme. Des livres que j’ai lus, de ceux que je ne lirai pas. Des voyages que je ferai, de ceux dont je rêverai. Et de tout le reste! Ici, c’est un joyeux bordel. Pas de ligne éditoriale. Pas de consigne. Seuls comptent le plaisir et la liberté d’écrire.

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