Les femmes sont des hommes comme les autres

Les femmes sont des hommes comme les autres


Il fut un temps où féminité et fragilité rimaient. Il fut un temps où la galanterie existait. Il fut un temps où nous, les femmes, nous pouvions presque légitimement reprocher aux hommes leur grossièreté, leurs abus de pouvoir, leur bêtise, leur machisme. Le fait est que nous le pouvons plus. Parce plus le temps avance, plus nous devenons comme les pires d’entre eux, plus l’on semble nous exhorter à récupérer leurs sombres défauts, à nous approprier leurs codes macho, à devenir des machines de guerre, sans foi ni loi. Sous couvert « d’égalité des sexes », de je-ne-sais quel Girl power ou autre féminisme virulent, la femme aujourd’hui ne doit plus être belle mais rebelle. Elle ne doit plus simplement bosser mais être le boss. Le temps est aux revêches, plus aux rêveuses. C’est dommage. Notre force n’était elle pas de réussir à nous placer au-dessus de tous ces combats de coq? Ne savions-nous pas mieux que n’importe quel bonhomme comment faire tourner le monde ? Ne réussissions nous pas à parvenir à nos fins, patiemment et en finesse ? Ne contrions-nous pas l’attaque par l’intelligence ? Si l’homme vient de Mars et nous de Venus, pourquoi cherchons-nous aujourd’hui à envahir cette planète rouge sang et à en faire notre terre d’accueil ? Sommes-nous si jalouses des hommes ou y a-t-il quelque chose que nous n’avons pas encore compris ?

 

LE TONNERRE GRONDE
J’entends les voix féministes se hisser. Avec elles, revient au galop l’éternel argument de l’âge de pierre ! Ne nous méprenons pas. Loin de moi l’idée de penser que le droit de vote des femmes est une connerie monumentale et celui à l’avortement, une profonde ineptie. Loin de moi l’idée d’imaginer que les inégalités salariales sont dans la logique des choses. Loin de moi encore, l’idée de penser que le rôle d’une femme doit avant tout être celui d’une épouse et d’une mère. Et bien évidemment, loin de moi l’idée de ne pas crier au scandale quand j’entends un parfait connard dire avoir tous les droits sur une femme sous prétexte qu’elle porte une jupe trop courte ou des talons trop hauts. Pour le coup, il y a des choses qui tombent naturellement sous le sens et je me désole surtout de voir qu’en 2018, on en soit encore à devoir user de pédagogie sur des sujets aussi évidents.

Ceci étant, il y a des quand même des gestes et des comportements dont j’ai la nostalgie sans jamais les avoir véritablement connus. Les portes que l’on nous ouvre, les fleurs que l’on offre. La délicatesse de ne pas nous mêler à de sordides histoires de mâles. La fragilité qui faisait de nous des êtres pensants sensibles quand la force des hommes faisaient d’eux … ce qu’ils étaient ! Du temps où l’homme était homme et la femme était femme, il y avait certes beaucoup de choses à redire, mais tout n’aurait pas dû être jeté aux orties. Et si l’on a tout jeté, c’est aussi à cause de nous, les femmes.

 

SI T’ES UN GROS CON #METOO
Aujourd’hui, les rôles se sont inversés et nous nous faisons victoire d’avoir récupéré tous les manquements du genre masculin. Grossièreté, opportunisme, machisme… des exemples, j’en ai mille. Que dire de ces jeunes filles mignonnes comme le jour, qui portent 500 euros de sapes sur elle (sac Prada non compris), que les mères viennent cueillir chaque soir à 17h à la sortie du lycée (privé, il va de soi) dans une mini rouge flambant neuve et qui se sentent obligées de parler avec un accent des cités et de ponctuer chacune de leurs phrases par un mélodieux « Nique sa mère » ou autre « Je m’en bats les couilles » ?
Quoi penser encore des ces autres, qui surfent injustement sur le #MeToo, et prennent un malin plaisir à crier à l’attouchement et au « frotteur » lorsqu’un homme a le malheur de les effleurer dans un métro bondé ? Que faire de celles qui confondent compliment et harcèlement, et filent immédiatement chez les RH pour un « Vous avez un joli manteau » ? À ce rythme, bientôt il y aura des rames de métro réservées aux hommes et d’autres aux femmes (comme dans certains pays où la place de la femme est ô combien valorisée) les écoles devront séparer les genres pour éviter que les demoiselles ne portent plainte à cause d’un mot d’amour glissé dans un cartable et les entreprises banniront la mixité . Nous aurons ainsi fait un grand pas en avant!
Dans un autre style, comment rester zen face à celles qui délaissent des tâches quotidiennes et font de leurs compagnons leur gouvernante attitrée, sous prétexte que ce n’est pas à elles que doit revenir le ménage, la gestion des enfants ou la préparation du diner. Et donc forcément, comme ce n’est pas à elles, c’est forcément à eux, et rien qu’à eux de se farcir ces tâches « avilissantes » …Ah bon.
Enfin, pour étayer le raisonnement, comment dire à celles qui pensent que leur pouvoir et leur consécration passeront nécessairement par un écrabouillage en règle du « sexe fort » ? Comment leur faire admettre que jouer à « qui de nous deux a le plus gros zizi » va forcément nous décrédibiliser ?

Mais ce qu’il y a de pire là dedans, c’est que ce sont toutes ces mêmes femmes, qui, bien que vivant dans une jungle dont elle se veulent reines, souvent réclament le respect, la courtoisie assortie de la galanterie de ces messieurs. Oeil pour oeil mais pas dent pour dent, faut pas déconner, on est des femmes! La fameuse histoire du beurre, de l’argent du beurre et du sourire du crémier. Je ne suis pas d’accord. Je ne veux pas d’un avenir ou nos fils sont les larbins de nos filles avides de pouvoir et dépourvues de sensibilité. Je ne veux pas d’un monde où l’on reprochera aux femmes d’être devenues pires que les pires hommes. Et, pour citer un célèbre footballeur, je ne voudrais pas que la « roue tourne a tourné » au point de nous faire faire commettre sciemment les erreurs que nous avons tant critiquées. Alors, mesdames, mesdemoiselles, ceci est un cri du cœur, un véritable rappel à la raison : quoi qu’il advienne, soyons intelligentes ! Restons ce que nous sommes : élégantes, dignes et féminines… bordel de merde !

 

Illustration : P. BAGIEU 

Claudine

Dem facerum ipit lacil ius millict orerum aspitas conet excerspient odi quae exceperibus moles dicipiciam aut hitat !

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