Les gens qui s’aiment


C’est décidé : 2018 sera l’année de l’amour ou ne sera pas. Disons plutôt que 2018 sera l’année des gens qui s’aiment depuis longtemps et qui continueront de s’aimer. Feu les mariages consumés et les ruptures déchirantes. Adieu familles décomposées et gardes alternées. Exit : le phénomène de mode est dépassé. L’ère est aux parents qui s’aiment et à la famille Ricoré. Bienvenue dans ce monde auquel, de fait, je n’appartiendrai jamais.

 

PRÉCÉDEMMENT DANS LES PISTOLAIRES….

Certains de mes derniers articles m’ont fait passer (un poil volontairement) pour une grosse grincheuse, un chouïa aigrie. D’autres m’ont valu d’être soupçonnée de posséder des parts chez Kleenex et de tout faire pour que le cours de l’action grimpe en flèche.
Dans la vraie vie, même si râler est un de mes domaines de prédilection et que l’on peut sans trop se tromper me qualifier d’éternelle mélancolique, je me sens aussi dépressive qu’à l’aise avec les données du CAC40. C’est pas peu dire !

Ainsi, pour remédier à cette image de schtroumpf grognon déprimé, je me suis dit qu’il fallait peut être arrêter de cocher la catégorie « Coup de Gueule » à chaque fois que je rédigeais un article. Je me suis même presque convaincue qu’il serait bon d’en créer une nouvelle qui puisse à elle seule transmette mon état d’esprit soooo optimiste, ma constante bonne humeur et ma naturelle joie de vivre. J’ai pensé à une rubrique type « Béni-Oui-Oui » ou « I’m a Bisounours». Mais comme je n’en suis ni à ce stade de dévotion ni à un tel travail de sape, je me suis raisonnée en me disant que, pour enrayer les prémices de cette réputation, j’allais me contenter d’écrire sur un sujet aussi frais que la rosée du matin. Ça devrait bien suffire pour commencer. J’ai donc regardé autour de moi afin de trouver ma prochaine source d’inspiration. Il ne m’a pas fallu longtemps pour remarquer avec autant de stupeur que d’admiration, qu’il y avait un paquet de gens qui s’aimaient vraiment dans la vie. Je veux dire, des gens en couple, qui se connaissent depuis leur tendre adolescence ou presque. Des gens qui dans leur vie ont donc passé plus d’années ensemble que séparés. Des couples qui arrivent encore à être heureux de se retrouver lorsqu’ils ont été quelques jours séparés. Des couples qui n’ont pas été (trop) abimés par les pleurs de nourrisson, les cris d’enfants, les crises d’ado, les accrocs de la vie, sa vilaine routine et tout le reste… J’en soupçonne même certains d’être sortis de ces galères, plus soudés encore. Pour moi, tout ça ressemble au monde magique de Mickey, mais pour l’avoir vu de mes yeux, ça existe. Bel et bien.

 

 

COMMENT TANT D’AMOUR ?

Il y a ceux qui pensent que l’amour dure 3 ans. D’autres au contraire estiment qu’avant 3 ans, on n’est pas dans une vraie histoire d’amour mais dans une espèce de comédie romantique. Et puis, il y a ceux qui ne disent rien. Qui n’ont aucune certitude sur le sujet. Ce sont ceux là qui, souvent réussissent à passer des dizaines d’années côtes à côtes, non par dépit mais par choix, par véritable amour. Discrètement, le temps file sur eux. Jamais on a une impression d’eau dans le gaz ou d’huile sur le feu. Jamais on ne les imaginerait l’un sans l’autre. Certains peuvent trouver atrocement triste cette fusion, cette complémentarité, qui parfois les amènent à ne faire plus qu’un. Moi, je trouve ça touchant. J’admire ces gens que le temps n’a pas démolis. J’envie ces couples qui ont su se trouver jeunes, se chérir, se préserver et qui commencent à vieillir ensemble. Alors évidemment, aucun n’en est encore à fêter ses noces de diamant. Mais quand même !

 

LE RÉCIT DU BONHEUR

Mes grands parents, eux, étaient à quelques mois de célébrer leurs noces de platine lorsque ma grand-mère est partie. 70 ans de mariage ! Rendez-vous compte ! À supposer que je me marie dans l’instant, il faudrait attendre mes 105 ans pour atteindre ce score. De la folie ! Ma grand-mère et mon grand-père se connaissaient depuis les bancs de la petite école, quand Chaponost comptait plus d’arbres fruitiers que d’habitants. Il paraît qu’elle était du genre intrépide quand lui était du genre réservé. Elle racontait souvent comme ses frères et elles faisaient, je cite, « les polissons ». Elle racontait aussi souvent la manière dont mon grand-père lui avait déclaré sa flamme. C’était au retour de la guerre, lors d’un bal. Il l’invita à danser. « Ton grand-père ne dansait jamais ! Tu penses comme j’ai été surprise qu’il m’invite !» ajoutait-elle immanquablement ! Avant la fin de la musique, il lui a murmuré à l’oreille : « Ich liebe dich ». Et il est parti. Comme ça, d’un coup ! Comme dans un film ! Alors après, c’est sûr, c’est moins romanesque. D’abord, elle disait qu’elle n’avait rien compris à ce qu’il lui avait dit. Puis, une fois éclairée, elle avait dû réfléchir. Elle se justifiait : « Ton grand-père, c’était pas un marrant et moi, j’aimais bien m’amuser ! Et puis j’avais du succès ! Je faisais tourner des têtes à l’époque ! Il y en avait des jeunes hommes amoureux de moi ! ». Puis, finalement, elle a dit oui ! Ils se sont mariés un 13 juillet, avec un feu d’artifices aux frais de la princesse en prime ! Ils sont ensuite partis en voyage de noces. Destination… Rochetaillée… en tandem ! Imaginez l’exotisme ! Ma grand-mère racontait souvent les tenues qu’elle avait cousues pour l’occasion : un ensemble chemise et short, taillé dans des draps bleu ciel… J’adorais quand elle me racontait ce passage !

Sans surprise, le lieu de villégiature n’avait rien d’un Club Med ou d’un 5 étoiles ! Ils sont revenus de leur périple et ont commencé leur vie. Ils ont eu leur lot de coups durs et de trucs pas chouettes. En outre, j’imagine facilement que partager le quotidien de ma grand-mère devait quelque fois relever de l’exploit et demander une sacrée maitrise de soi compte tenu de son « fort » caractère ! Vivre avec mon grand-père ne devait pas non plus être toujours très fun! Malgré tout, au crépuscule de sa vie, elle disait qu’ils avaient fait un « bon ménage ». Elle me rappelait souvent que « La vie à deux, c’est réussir à composer avec deux caractères bien différents ». Aujourd’hui, qu’elle n’est plus là pour me raconter son histoire et que je le fais à sa place, je comprends toute l’émotion qu’elle y mettait. Comme quoi, on peut-être un affreux schtroumpf grognon mélancolique… et tout autant fleur bleue !

Claudine

Dem facerum ipit lacil ius millict orerum aspitas conet excerspient odi quae exceperibus moles dicipiciam aut hitat !

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