Mes blondes


« Il y a toujours une brune à côté d’une blonde ». Je suis la brune. Elles sont les blondes. Allez savoir pourquoi, mes amies les plus chères sont blondes. Et celles qui ne le sont pas, ont forcément les cheveux bouclés, version comme un mouton ou légèrement ondulés. Postulat de départ qui ne ment pas après toutes ces années : ne rentrent (et ne restent) dans mon cercle très proche, que les blondes ou les frisées ! Mais pourquoi donc ?

« Que dit une blonde quand … »
Des blondes, dans ma vie, il y en  4. Avec moi, la brune, ça fait 5. Les doigts de la main, mais pas tout à fait car la plupart de mes blondes, si elles se connaissent presque toutes, ne viennent pas du même cercle et ne se fréquentent pas forcément. Deux sont arrivées très tôt. On a commencé par partager les premiers goûters et les caprices de la maternelle, les débats houleux du primaire pour savoir qui de Roch Voisine ou de Patrick Bruel allait être premier du TOP 50, les crises d’adolescentes du collège quand on portait des Doc Martens et qu’on s’habillait en noir chaque 5 avril en souvenir de la mort de Kurt Cobain, le stress du lycée et les notes qui dégringolent en même temps que le rêve de nos parents de nous voir intégrer Science Po ou Math Sup … Et puis, après le bac, on a chacune pris nos routes. La première a eu l’idée de s’envoler pour Tahiti et n’a pas trouvé mieux que d’y rester plus de 10 ans, de faire sa vie avec un marin Breton exilé et de vivre aujourd’hui aux îles Fidji qui soit dit en passant n’ont rien, visiblement rien, à envier à la colline de Fourvière… La deuxième a choisi une destination moins exotique, mais a quand même fait ses valises et a rejoint le le sud. La madrague, Bandol, les Lecques, voilà plus de 10 ans que ses lieux de prédilection sont à plus ou moins 4 km de la méditerranée. Vu qu’elle aussi a trouvé un marin, militaire celui-là, basé à Toulon, il y a peu de chance de la voir revenir sur la colline de Sainte Foy. Et moi je suis restée là. J’ai navigué entre le 2e arrondissement de Lyon, le 6e et me suis même risquée jusqu’à Annecy une fois ! Pour mieux revenir et pour de bon ! Maintenant, avec mon amoureux et la garde alternée, pas de risque que je dépasse les frontières de Francheville ou Chaponost !

À 20 ans, la vie a mis une nouvelle blonde sur ma route. Une qui faisait pas rire du tout! On m’aurait dit le premier jour où je l’ai rencontrée que nous allions devenir aussi proches, je n’aurais surtout pas voulu le croire. On s’est rencontrée par le biais de notre job d’étudiantes. Nous étions alors hôtesses d’accueil. Enfin, elle, elle était chef hôtesse sur ma première mission. Avec son tailleur rouge de dompteur et ses boucles d’oreilles en fausse perles (tenue choisie par le client…. Merci le bon goût!), ses cheveux tirés à l’arrière et son regard glacial, je ne peux pas dire que je l’ai sentie très avenante cette jeune fille. Le temps et les missions suivantes l’ont détendue et quand elle s’est retrouvée dans les bureaux à booker les hôtesses sur les différentes missions, je n’ai jamais autant travaillé. À tel point, que je me suis un jour sentie suffisamment riche pour m’acheter rubis sur l’ongle, le dernier 3210 de l’époque (un téléphone portable donc pour ceux qui l’ignorent, qui était tout petit et presque révolutionnaire parce que tu pouvais écouter la radio FM dessus et qu’il n’avait pas d’antenne… magique !). Elle, elle a trouvé un Basque installé à Oullins (OULL’IN’s comme il disait à son arrivée) et ouf pour moi, la famille aujourd’hui fondée, la maison achetée, ils ne devraient pas partir trop loin désormais!

La dernière blonde a été mise sur mon chemin chez l’employeur qui m’aura définitivement décidée à me mettre à mon compte, tellement son éthique était douteuse et sa médiocrité flagrante. Cette petite blondinette de 22 ans à l’époque était déjà un rayon de soleil dans nos sombres bureaux du 1er arrondissement. Elle a grandi dans tous les sens du terme et c’est aujourd’hui une belle et brillante jeune femme qui a conservé toute sa fraicheur, son once de naïveté et une profonde gentillesse. Elle, elle ne s’est pas éprise d’un marin, mais d’un homme mûr (pardon Philipps si tu lis ces mots, mais convenons-en, tu es … un homme mûr !) qui ne se sent pas de rester à Lyon, et qui va encore me l’embarquer vers l’océan ! ça change me direz vous…

 

La théorie des brunes
On a beau dire, les brunes frisées, ça s’envole moins vite ou moins longtemps ! Alors oui, j’en ai bien une qui s’est vue nous quitter quelques années pour aller vivre sous la grisaille d’Amsterdam pour suivre son mari. Mais « Ouf que » ils en sont revenus. J’en ai une autre qui en est à sa 10e maison ou presque à Sainte Foy. Que je ne vois jamais mais qui est toujours là, en filigrane certes, mais bien là. Deux autres rencontrées à Annecy (d’ailleurs accompagnées d’une blonde mais tellement « inclassifiable » dans une case ou une autre qu’elle me met dans l’impossibilité d’en tirer une quelconque statistique). La dernière débarquée, c’est mon ancienne petite voisine. De loin plus frisée de toute ! Je ne sais pas ce qui nous a rapproché : notre passion commune pour les hamburgers ? Le fou de l’immeuble qui nous faisait flipper ? La baby-sitter que nous avions en commun ? Le besoin de nous raconter nos mésaventures dans l’ascenseur et de choisir d’en rire ? Le fait que son mari travaille pour un chocolatier peut être ?! En tout cas, voilà quelques années que chacune gravite autour de l’univers de l’autre et que c’est très bien comme ça !

 

La révélation du jour
Je crois qu’à la lecture de ces mots, on peut assurer sans rougir que statistiquement, la blonde est plus attirée par l’air marin et que la brunette frisée (important le frisé dans l’équation : les statistiques sont complètement autres avec le cheveu lisse !) se retrouve plus facilement autour d’un diner en ville. Je pense donc, que si je me suis liée d’amitié avec autant de blondinettes dans ma vie et ce, depuis mon plus jeune âge, c’est certainement uniquement parce que je suis prédestinée à vivre éternellement en vacances et à boire des coups avec les brunes frisées, entre deux vols… Non, vraiment, en cette veille de vacances de Noël, nous ne voyons pas d’autre explication.

Claudine

Dem facerum ipit lacil ius millict orerum aspitas conet excerspient odi quae exceperibus moles dicipiciam aut hitat !

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