Quand on part en vacances

Quand on part en vacances


On a de l’eau? On a des chewing-gum pour l’avion ? On a de l’essence ? On a l’adresse du parking de l’aéroport? On a mon deux pièces bleu? On a le téléphone du taxi qui doit nous récupérer ? On a mes lunettes de soleil? On a le goûter? On a des jeux ? On a mes doudous ? On a les brassards ? On a mon lisseur ?
Je pense que le jour du départ en vacances, si tous mes co-voyageurs m’avaient jeté une pièce d’un euro à chaque fois qu’ils m’avaient posé une question, j’aurais fait fortune en moins de 5h…

LE FAMEUX « ON »
Le dénominateur commun entre toutes ces interrogations, c’est la délicate manière de les poser en utilisant le fameux « ON ». Mais c’est qui ce « ON » ? Ce n’est manifestement pas celui qui pose la question, parce que sinon, il ne te t’interrogerait pas. Ce n’est pas le voisin non plus, car il ne part pas en vacances avec toi. Ce n’est pas le poisson rouge  pour des raisons évidentes. Incrédule, tu fais pourtant mine de t’interroger. Tu regardes autour de toi, mais personne ne semble ressembler à ce « ON » que l’on questionne.
Le doute s’estompe, l’évidence tombe, la lumière jaillit : le « ON », c’est toi, ta pomme, ta ganache et personne d’autre.

 

PARENTHÈSES
Mon expérience m’a donné l’occasion de remarquer deux autres dénominateurs communs aux questions formulées à la 3e personne du singulier.
Le premier, c’est que si les enfants savent les employer très tôt, ils ne maitrisent pas forcément toutes les subtilités des questions rhétoriques . Ainsi, pour obtenir gain de cause, le « On ne rangerait pas sa chambre ? » ne remplacera jamais un bon vieux : « RANGE TA CHAMBRE !!! ».
Le deuxième, c’est que l’autre ON, s’il est adulte, se sentira toujours un peu agressé d’entendre ce genre de choses. Parce que, oui, c’est insupportable pour tout le monde cette manière détournée de demander à quelqu’un s’il a bien fait ce que tu aurais largement pu faire mais que tu n’as manifestement pas jugé utile de faire !
C’est horripilant, pourtant, on en use tous. Moi la première. Et pour être tout à fait honnête, je pousse même le vice en conjuguant mon verbe au conditionnel et en ajoutant une négative, pour, d’une part, laisser penser que ma suggestion puisse être jugée ridicule (alors que, de toute évidence, elle ne l’est pas) et, d’autre part, laisser imaginer qu’elle puisse se refuser (alors que, de toute évidence, elle ne le peut pas).

On ne devrait pas tondre la pelouse (alors qu’on se croirait dans un champ de blé avant moisson ?). On ne devrait pas changer l’ampoule du lustre de la salle à manger (alors qu’on ne voit plus rien de ce qu’il y a dans nos assiettes depuis 3 semaines ?). On ne devrait pas aller à la déchèterie (alors que pour atteindre les bouteilles à la cave il faut enjamber des dizaines de sacs avec écrit « à jeter » dessus ?). On ne devrait pas laver la voiture (alors que l’on retrouve les vestiges des 3 derniers mois de goûters des enfants dans l’habitacle ?).
Oui, je sais, je suis affreuse.

 

RETOUR À NOS MOUTONS
En cet heureux jour de vacances, oui, ON avait bien fait le plein, ON avait bien récupéré le maillot sur le séchoir, ON avait bien pris de l’eau pour ceux qui auraient soif à peine l’angle de notre rue dépassé, ON avait bien prévenu le taxi, ON avait bien le goûter aussi, et les tongs, et les brosses à dents, et les lunettes de plongée, et les 5 paires de chaussures d’eau, et les dentifrices avec et sans fluor, et les doliprane 200, 500 et 1000… bref, à quelques heures du départ, ON avait bien tout… surtout une charge mentale de dingue !

Chez nous (comme chez tout le monde, je l’espère) les départs en vacances, c’est toujours un peu tendax. ON a beau faire au mieux, ON ne part jamais à l’heure convenue en retard. C’est un peu gênant quand on a un avion à prendre, mais notre chance, c’est de voyager sur Easy jet. Avec cette compagnie, en plein été, tu as quand même peu de chance de décoller à l’heure. Ainsi, à peine la porte de la maison passée, on nous annonçait 20 minutes de retard. Pile poil ce que nous venions de perdre à chercher les papiers de la voiture parce qu’ON les avait rangés un peu trop vite dans notre sac, et que dans le feu de l’action, ON ne les retrouvait plus au moment de partir.

ON avouera aussi en avoir fait une belle au retour. Ainsi, après 12 jours de vacances au soleil et une charge mentale bien diminuée, ON aura demandé au taxi de venir nous chercher à 6H le samedi matin… alors qu’en fait, notre vol était la veille.
ON ne serait pas un peu trop à l’arrache des fois ?

Claudine

Dem facerum ipit lacil ius millict orerum aspitas conet excerspient odi quae exceperibus moles dicipiciam aut hitat !

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