Se jeter a l’eau

Se jeter a l’eau


« Madame, monsieur, comme évoqué lors de la réunion de rentrée (à laquelle vous n’avez pas assisté), les enfants de grande section iront à la piscine le jeudi après-midi, à partir du mois de mars.
Les parents souhaitant accompagner les enfants doivent passer un agrément à la piscine d’Oullins ou de Francheville (et pourquoi pas Dijon aussi ?) entre 13h et 14h30, le lundi 2 ou le jeudi 5 décembre. Cordialement. »

Voilà le genre de petit mot qui remonte mon niveau de culpabilité à 8 000.
Évidemment, je ne souhaite pas du tout accompagner les enfants aux sorties piscine du mois de mars. La question est : existe-t-il des parents qui le « souhaitent » vraiment ? Qu’on me présente ceux qui trépignent d’impatience à l’idée de passer une heure dans l’eau à veiller à ce qu’aucun des 12 minots de la classe dont ils auront la charge (même partielle), ne se noie pas ou ne cherche à noyer son petit camarade ?

 

ORGUEIL & PRÉJUGÉ
Personnellement, je passe volontiers mon tour.
D’abord, je n’ai pas envie de passer mon agrément avec Jean-Jacques, le maitre nageur. Je m’en fiche bien qu’il me voit avec mes claquettes TRIBORD aux pieds et mon bonnet de bain dégueu sur la tronche, mais ce qui m’ennuie c’est d’être soumise à un test alors que j’ai eu mon triton à 7 ans et que ça fait un moment que je sais remonter le mannequin en plastique jaune et nager quelques brasses avec. Question d’orgueil.

 

TITANIC
Ceci étant, l’agrément, ça reste la face émergée de l’iceberg ! Je le vois d’ici le tableau de la sortie ! Le bus te dépose sur le parking et, comme on est en mars il fait encore -1000° donc tout le monde prend le temps de remettre sa doudoune et son bonnet avant de descendre du car et de parcourir les 5 mètres qui nous séparent du le hall surchauffé de ladite piscine.
1,2,3,4,5,…12 : le compte est bon. On peut rejoindre sereinement les vestiaires.
L’angoisse commence ici : déchausser, ôter les 3 couches de vêtements de chacun, mettre le maillot, le bonnet, les lunettes, les tatanes… 15 minutes se sont écoulées, tu as toujours ton manteau sur le dos et tu es rouge fluo. Il ne te reste plus que 3 minutes pour enfiler ton SPEEDO à paillettes, sinon toute la classe commencera le cours en retard. Tu te grouilles comme jamais et pars rejoindre le bassin en jetant un dernier coup d’œil derrière toi : les vestiaires ressemblent à un champ de bataille. Il n’y a aucune chance pour que les gosses retrouvent leurs affaires en revenant.

 

LE GRAND BAIN
L’heure se passe. Tu guettes toute la clique, mais surtout le tien (qu’on me jette la pierre, tiens !). Ça brasse, ça barbotte, c’est follement rigolo. Coup de sifflet, c’est terminé. Tout le monde hors de l’eau. Retour aux vestiaires, retour à l’angoisse. Même combat, à l’envers ce coup-ci : tu rhabilles, tu remets les minis chaussettes sur des pieds encore tout mouillés (parce que la microfibre de chez Décath c’est sympa mais ça sèche rien), tu t’en vois comme 10 pour lacer ces satanées bottes fourrées, tu veilles à ce que chacun repartes avec son manteau, son écharpe, ses gants, son cache-oreille et deux chaussures coordonnées. 15 minutes se sont écoulées, tu es toujours en maillot, frigorifiée. Il ne te reste plus que 3 minutes pour t’habiller sinon, le car va se tirer et vous laisser sur le carreau. Évidemment, tu n’as pas suffisamment de temps pour te brosser les cheveux (encore moins les sécher, hein !) mais tu as encore une minute devant toi pour veiller à ce que personne n’ait rien oublié (elle à quiiiii cette serviette bleue à pois verts ?). 1,2,3,4, 5… 12. Le compte est bon. Tout le monde monte dans le bus. Maintenant, place au ballet des 12 petits nez à moucher.

 

LA VIE EST UN LONG FLEUVE TRANQUILLE
Ahhh! Je les entends d’ici les remarques : « Quand mêêêêême, elle exagèèèèère! À 5 ans, ils sont autonoooomes ! » Alors, soit toutes les familles sont les Blonds de Gad El Maleh et moi je suis une Groseille, soit il y a de sacrés gros menteurs dans l’assemblée. Parce que depuis la rentrée, l’épopée des vestiaires de la piscine, je la vis chaque semaine avec mon rat qui prend des cours (oui, j’aurais dû/pu opter pour une autre activité, mais là n’est pas le débat. Oui, j’aurais dû/pu trouver une petite jeune qui m’épargne de la corvée, mais devinez quoi : aucune n’a voulu!) Donc, chaque jeudi, c’est le plomb pour moi et TOUS les autres parents qui ont l’air autant exaspérés que je le suis ! Et autant vous dire qu’il y a peu de chance pour qu’ils se soient farcis la sortie piscine de l’école deux heures auparavant… eh oui, parce qu’il y a 4 jours dans une semaine, mais avec ma chance légendaire, il a fallu que la piscine de l’école et les cours de natation tombent le même jour … Donc non merci,  je crois bien que je ne ferai pas partie « des parents qui souhaitent accompagner les enfants ». Cordialement.

Claudine

Dem facerum ipit lacil ius millict orerum aspitas conet excerspient odi quae exceperibus moles dicipiciam aut hitat !

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