STARMANIAQUE


Ce matin, je me surprends à fredonner Daniel Balavoine. « Tous les cris les SOS, partent dans les airs, dans l’eau laissent une trace, dont les écumes font la beautéééééé ». Cette chansonnette tourne en boucle dans ma tête, sans que je comprenne pourquoi. Jusqu’à ce que je prenne un peu de recul sur la situation. Nous sommes dimanche, il est 10H43 et voilà près de 2h30 que j’ai une éponge dans une main, le pshit de CIF dans l’autre et que je brique la baraque.
Le cerveau est quand même vachement bien foutu.

OÙ EST LE SAUVEUR ?
Telle une terrienne en détresse, j’appelle ma voisine à la rescousse : Est-ce que sa bonne fée aurait l’obligeance de venir quelques heures chez nous pour sauver mes dimanches ?
Car ne nous mentons pas : les bonnes fées du logis ne courent pas les rues. C’est plus rare qu’un ado sans Iphone greffé à la main. Il faut donc savoir jouer de ses relations pour en rencontrer une. Ce n’est pas la première fois que je le fais d’ailleurs. mais ça n’a pas toujours été couronné de succès….

J’AI PAS TIRÉ L’BON NUMÉRO
Si j’ai déjà essayé de déléguer les tâches ménagères, je n’ai jamais réussi à y arriver dans la durée. Dans la série des ratés, on a eu la tristement surnommée Attila. Très gentille, très souriante et plutôt efficace. Mais brusque. Bien trop brusque. Ce n’est pas l’herbe qui ne repoussait pas après son passage. C’est notre électro ménager qui trépassait. En quelques mois chez nous, elle a eu raison du Dyson et de l’aspirateur de chantier. Ça fait beaucoup. Son départ a provoqué en nous une réaction mitigée, malgré tout plus proche du soulagement.
On a eu une autre dame aussi, très gentille. Moins brusque mais bien moins efficace. J’avoue qu’elle n’est pas restée longtemps, parce que ça me gonflait un peu de devoir repasser l’aspirateur sous les lits les jours où elle intervenait.
Alors oui, je sais, je suis un peu maniaco. « Si on délègue, il faut accepter que ce ne soit pas fait comme on le ferait. Blablabla. » Mais l’aspi sous les lits, c’était au-dessus de mes forces. Et puis, on ne se refait pas. J’avoue bien volontiers que, si ça ne tenait qu’à moi, j’aimerais que notre dame de ménage intervienne dans une maison déjà toute propre. C’est complètement débile, je sais, mais je ne suis pas à trop à l’aise avec l’idée que quelqu’un nettoie ce que j’ai sali. Je me soigne et je prends sur moi quand d’aventure, on a une dame de ménage qui vient même, s’il est vrai que chaque semaine, son arrivée provoque pas mal de stress en ma petite personne. Et pour cause. Si elle arrive dans un dépotoir, la dame de ménage range. Elle ne nettoie pas. Et du coup, ça n’a pas grand intérêt. Mais va faire comprendre ça à tes gosses ! Pour eux, si t’as une dame de ménage (ou une mère d’ailleurs, parce que finalement, pour eux, peu ou prou, c’est la même chose!), c’est qu’ils n’ont plus rien à faire. Déjà qu’on ne peut pas dire que ce soit des forcenés du Swifer, alors, l’arrivée de la dame de ménage ne les encourage pas vraiment à se tordre le baobab qu’ils ont dans la main !

C’EST LA PANIQUE SUR LE BOULEVARD
Donc quand Attila débarquait chez nous le lundi à 10h, moi j’étais sur le pied de guerre à 6 pour ranger le bordel que mes ouailles avaient pris malin plaisir à foutre de PARTOUT dans la maison pendant le week-end. J’arrivais au boulot avec 18 de tension et les cheveux droits sur la tête. C’était pas super bénéfique.
Alors, on a voulu changer et la faire venir le vendredi. Mais faut pas croire : c’est déjà une chance d’avoir quelqu’un qui vient, faudrait pas non plus se montrer exigeant et choisir le jour d’intervention. Non, non, non ! Ce n’est pas du tout comme ça que ça se passe. Les dames de ménage, c’est comme les médecins généralistes. Tu galères tellement à en choper une, que c’est elle qui te dit quand, à quelle heure et qui fixe les tarifs. Toi, tu dis oui à tout ou tu passes ton chemin. Et quand elle t’annonce sournoisement qu’il ne lui reste qu’un pauvre créneau de deux heures entre midi et deux le mercredi (vous savez, ce fameux « jour des mamans » où les gosses jouent à domicile) bah tu as une larme sous chaque œil, parce que tu as bien conscience que faire venir quelqu’un pour nettoyer la maison quand celle-ci est pleine, c’est aussi efficace que de te brosser les dents avec du Nutella.


QUI POURRA REMPLACER LE BESOIN PAR L’ENVIE ?
Voilà pourquoi, depuis 4 ans, mes dimanches sentent le CIF et le Carolin et que je n’ai pas besoin d’aller à la messe de 11h pour implorer le Seigneur chaque semaine.
Ceci étant, contrairement à ce que cet article laisse supposer, je ne suis pas toujours seule à assumer les joies du ménage dominical. Mon amoureux, qui est loin d’être bête, a préféré prendre l’option « prise en charge de l’aspirateur/serpillère » que « SCUD dans la tronche/longue tirade hebdomadaire sur la charge mentale ».
On ne peut pas dire que l’exercice le rende plus agréable que moi. Il me semble même l’avoir entendu récemment fredonner : « Je ne suis pas un héros…. »

Claudine

Dem facerum ipit lacil ius millict orerum aspitas conet excerspient odi quae exceperibus moles dicipiciam aut hitat !

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