Tu sais que tu vieillis quand…


Tu sais que tu vieillis quand ton amoureux te demande « on regarde un film ce soir ? » et que tu t’entends lui répondre : « Ah ? Tu crois ? J’aurais bien aimé voir le documentaire sur le Salvador Mundi qui passe sur Arté ».
Nan mais : « Le documentaire sur le Salvador Mundi qui passe sur Arté » !
Il s’est passé quoi dans mon esprit pour que je sorte un truc pareil ? Je n’y connais rien à l’art ! Pire, je suis totalement hermétique à la peinture ! Ma hantise quand on visite une ville, c’est de devoir me farcir un musée plein de tableaux devant lesquels je suis censée m’extasier alors que dans mes yeux, rien ne transpire à part l’ennui.
Alors pourquoi l’histoire d’un vrai/faux De Vinci a-t-elle tellement attiré mon attention ? Tout simplement parce que j’ai écouté France Info en boucle, et ils en avaient tellement plein la bouche de ce truc qu’ils ont fini par éveiller ma curiosité.
Tu te rends compte que tu vieillis aussi, quand tu te laisses appâter par les critiques de France Info.
Bref, hier, rien qu’en associant les mots « documentaire » et « Arté », j’ai pris 10 ans dans la tronche. Ça fait mal. Ajoutons à ma douleur, que cette phrase a été prononcée alors que ce sont les vacances scolaires et que nous n’avions pas l’ombre d’un rejeton dans la maison. D’ordinaire, dans de telles circonstances, à 20H45, tu es avec ton amoureux au resto ou en train de faire une mini bamboche chez des potes et, à part le nouvel épisode de Grey’s anatomy, il n’y a pas grand chose pour t’empêcher de bouger.
Mais là, en 2021, en période COVID, c’est fini la bamboche. Tu vieillis seul, tu vieillis vite. Même Grey’s anatomy a tiré sa révérence. Du coup, tu te retrouves scotchée devant le documentaire sur le Salvador Mundi et le pire dans tout ça, c’est que tu trouves le reportage absolument génial. Mieux, tu te réjouis de le savoir disponible en replay.

QUAND NOS SOUVENIRS VIENDRONT DANSER.
Je n’aime pas vieillir. Je n’aime pas le concept. Mais alors pas du tout. Alors je déploie une énergie folle pour faire comme si je ne voyais pas le temps poser indélicatement ses sales pattes sur mon corps, mon esprit et ceux de mes proches. J’excelle dans l’art de faire l’autruche, mais des fois, allez savoir pourquoi, j’ai la tête qui sort du sable. L’application Souvenirs de mon Iphone et sa tendance à me mettre sous le nez des photos anté 2012 n’est sans doute pas étranger à ces régulières prises de conscience ni à ces crises de dépression légères et passagères.
La dernière fois, cette saleté de truc a affiché deux clichés qui m’ont fait chavirée.
Sur l’un, je suis attablée devant une pinte de bière et une saucisse frites version XXL, et on voit bien que j’ai 10 ans et 10 kilos de moins.
Sur la deuxième, c’est plus flagrant encore : je suis en maillot de bain, tout est ferme et rien ne déborde du 2 pièces Banana Moon que j’arbore fièrement.
Vous apprendrez au passage, que je conserve religieusement ledit maillot au fin fond de ma commode, alors que Banana Moon ne doit même plus exister.
La question est : pourquoi le garder ? La réponse est aussi limpide que stupide : parce qu’un jour peut-être, dans un acte de délibéré de déni, je pourrais essayer de rentrer mes fesses dedans, tenter un dangereux avant/après et me convaincre que finalement, c’est pas si pire.
Bon, là, aujourd’hui, après l’épisode du Salvador Mundi, je ne m’y risquerais pas. C’est des coups à vouloir en finir en se suicidant au yaourt périmé ou à se voir attaquer par Céleste Barber pour concurrence déloyale.
Demain peut-être.

SI JEUNESSE SAVAIT ET SI VIEILLESSE POUVAIT.
Sachez que je chougne beaucoup mais que je me donne aussi du mal pour faire illusion et conserver ma jeunesse. Je me tartine régulièrement de crème anti-vieille et je me gave autant de sport que de chocolat Valrhona. J’avoue que, depuis que je travaille avec eux, mes efforts sont sacrément mis à mal côté poids. Ce n’était pas malin de faire des pieds et des mains pour décrocher un contrat comme celui-là, quand on connaît mon penchant pour le chocolat. C’est un peu comme si un alcoolique faisait tout pour bosser avec Pernod-Ricard. Risqué. Bref, depuis un an, je mange le fond de commerce à défaut de le boire, et je m’étonne encore de mon bidon flasque et de mes poignées d’amour qui débordent joyeusement de mes pantalons.
Alors j’entends déjà les « OH ! Arrête ! Tu exagères ! ». Les « mieux vaut faire envie que pitié » ou encore « On ne peut pas être et avoir été ».
Bah si. Moi je voudrais bien être encore comme j’ai été. En plus grande qu’à 10 ans, en plus mûre qu’à 20, en moins paumée qu’à 30, mais quand même, en plus jeune qu’à l’aube de mes 40 ans.
Et si Arté avait déjà réalisé un reportage sur cet épineux sujet… ?

photo : FOX

Claudine

Dem facerum ipit lacil ius millict orerum aspitas conet excerspient odi quae exceperibus moles dicipiciam aut hitat !

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