Du domaine des murmures

Du domaine des murmures


Il y a quelques années, une de mes amies du « Charlestown » comme je les nomme (en rapport avec l’agence d’hôtesses d’accueil dans laquelle nous nous sommes connues, non avec le quartier de Boston…) m’avait parlé d’un livre, je cite « ultra glaucky » que sa maman lui avait conseillé. Grosso modo elle m’avait dit que l’histoire se passait au Moyen-Âge et contait la vie d’une jeune fille qui avait choisi de vivre emmurée. Ah. C’est sûr que présenté comme ça, il y avait peu de chance pour que je la suive dans son épopée littéraire. D’abord, les histoires de capes et d’épée m’ennuient au plus haut point. Quant à palpiter en lisant la vie d’une jeune fille qui ne peut évidemment rien faire puisqu’elle est enfermée … c’était pas gagné.

 

LA RÉVÉLATION

Il y a quelques semaines alors que j’étais dans la maison de mon grand-père qu’il faut pour ainsi dire « vider », je suis passée devant une pile de livres que j’ai commencée à parcourir. Mon grand-père a toujours beaucoup lu et lit encore énormément. Chose que j’ignorais de lui, ses goûts semblent pour le moins hétéroclites ! À moins que le mélange des genres ne soit dû qu’au fruit du hasard et aux nombreux cadeaux reçus à ses anniversaires, Noël ou en d’autres occasions. Toujours est-il que, parmi les auteurs plus « classiques », D’ormesson côtoyait Catherine Cusset qui se trouvait au-dessus de Roger Cavalié, lui même aux côtés d’Alessandro Baricco. Un joyeux bordel en somme.

Alors que je mettais de côté ceux que j’allais emprunter, mon regard s’est posé sur un Poche. À l’illustration, j’ai su que c’était lui. Celui dont m’avait parlé mon amie. Ma curiosité piquée au vif a fait rejoindre le petit bouquin blanc Du domaine des murmures, à ceux qui repartiraient avec moi. Et de tous ceux là, c’est le premier que j’ai lu, dévoré. Ce livre est une merveille, un chef d’œuvre, une révélation similaire à En attendant Bojangles. Alors, oui, ici on donne dans un autre genre, plus grave, moins farfelu et moins poétique. Mais un genre qui subjugue. Un genre qui fait prendre le métro avec le sourire, parce que les 20 minutes de trajet sont comme une évasion. Un genre qui pourrait compter 1 000 pages que ça ne serait encore pas suffisant pour étancher sa soif et être rassasié. Un genre que je conseille vivement, évidemment… Ceci étant, on ne peut pas dire que j’ai découvert une pépite ou un trésor caché : le roman a quand même reçu le Goncourt des lycéens en 2011.

 

DEBRIEFING

Il y a quelques jours, j’ai revu cette fameuse amie « du Charlestown » et lui ai parlé de mon admiration pour ce livre. Je lui ai dit avec enthousiasme, à quel point je l’avais trouvé beau, bien écrit, émouvant, captivant. Ses grand yeux bleus sont devenus tous ronds. Elle, gardait toujours le souvenir d’un livre lugubre à souhait et triste au possible. Évidemment, on a connu histoire plus fun que celle d’une jeune demoiselle de 15 ans qui préfère se trancher l’oreille et s’enfermer dans une micro cellule attenante à la chapelle de son château pour se vouer à Dieu plutôt que de se marier à l’homme que son père lui a choisi. Sans dévoiler les aventures sordides qui se succèdent, au risque de mettre en péril une folle envie de découvrir cette œuvre, je dois bien admettre que les quelques 230 pages ne respirent ni l’humour ni la joie.

Malgré la procession de tragédies, j’ai vécu avec ce roman, un voyage improbable dans le temps, le monde et l’Histoire, à travers le regard d’une jeune femme n’ayant comme seul horizon que celui offert par sa petite fenestrelle. Magistral !

Sans surprise, après une telle découverte, le livre suivant a été difficile à choisir. On ne sort pas indemne d’une telle lecture. Ainsi, pour me remettre de mes émotions, j’ai opté pour le dernier David Foenkinos, Le Mystère Henri Pick. Pas sûre qu’il reçoive le Goncourt des Lycéens celui-là, mais, pour qui aime le style, il aura eu le mérite de se lire facilement et d’être un bon roman de transition. Maintenant, place à SOIE…

Claudine

Dem facerum ipit lacil ius millict orerum aspitas conet excerspient odi quae exceperibus moles dicipiciam aut hitat !

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